Propos liminaires

Propos liminaires

Monsieur le Président, chers collègues,

Permettez-moi d’adresser avant tout des félicitations républicaines aux conseillères et conseillers régionaux et départementaux élus ce week-end. Et un remerciement tout particulier aux services pour ce lourd week-end combinant élections et Tour de France.

Nous vivons un moment démocratique difficile : Une abstention de près de 67 % et jusqu’à 87 % chez les 18-24 ans. ’est assez dramatique et ça pose question. Bien sûr, l’explication est multifactorielle, la période que nous vivons depuis un an et demi n’y est pas étrangère, mais cela doit aussi nous inviter à la plus grande humilité et à une remise en question.

On peut critiquer et culpabiliser longtemps les abstentionnistes, ça ne servira pas à grand-chose si les citoyens, les élus, les partis ne s’interrogent pas sur les pratiques, les discours, notre capacité, nous élus, à représenter, défendre la voix du peuple et intéresser les citoyens à la chose publique.

Il nous faut redoubler d’effort afin de concerter, faire participer les habitants, les écouter et infléchir nos politiques, nos projets en fonction.

Le contexte donc, et le niveau du débat national, de certains médias aussi, ne nous facilite pas la tâche, il faut l’avouer, et on sait bien l’impact du national qu’on le veuille ou non sur les scrutins locaux.

Comment intéresser la majorité des françaises et des français à la politique, aux compétences de nos collectivités, au travail quotidien des élus locaux, quand on les accable sur les ondes à longueur de journée de propos clivant, caricaturaux, effrayants sur les menaces islamiques, l’immigration ou la sécurité, avec une notion toute particulière du pluralisme politique, d’ailleurs.

Il faut ramener les gens à la politique : parler de ce qui les touche, de ce qui peut changer leur vie ; il faut construire nos discours et nos actions sur l’urgence sociale et l’urgence climatique.

Un pré-rapport du GIEC a été rendu public la semaine dernière. Nous arrivons à un point de non-retour. Quelles que soient les décisions que nous prenons aujourd’hui, nous savons d’ores et déjà que le réchauffement en cours aura des conséquences dévastatrices sur les populations.

Dans ce rapport, on y trouve cette phrase : « Nous avons besoin d’une transformation des processus à tous les niveaux, individus, communauté, entreprises, institutions et gouvernement. »

Il nous faut parler d’un avenir meilleur, de qualité de vie, de dé-carbonisation de l’économie, tout le monde voit bien les tensions, sur le climat, les phénomènes qui bouleversent déjà des vies, sécheresse ou inondation, températures anormales, hier 48 degré sur la côte ouest du Canada et des États-Unis….

Nous devons être en mesure de répondre à ces craintes et aux enjeux plus locaux, palpables, sur la qualité de vie, la nature en vie, la gestion écologique des espaces, la congestion automobile, la pollution de l’eau, de la rade, de l’air, etc.

La demande de la société augmente sur ces sujets, il faut comprendre et analyser cette soif d’écologie, de plus en plus visible dans la rue, dans les familles, dans les entreprises, dans les urnes.

A nous d’y aller. Et on ne part pas d’une feuille blanche ici dans la métropole de Brest, loin de là !

Notre collectivité mène déjà des politiques très volontaristes en faveur du climat, et de la qualité de notre environnement, avec notre Plan Climat, nos ambitieuses politiques en terme de mobilité, les réflexion sur l’agriculture, la nature en ville, la restauration scolaire, les déchets, la future COP locale, etc.

Il faut se féliciter de l’expertise de nos services et de ce qu’ont porté nos prédécesseurs en matière d’énergie et de mobilité notamment. J’en veux pour preuve par exemple le label Citergie Gold que nous avons obtenu conjointement avec la ville de Brest et qui récompense la performance en terme de transition énergétique de nos politiques climat-énergie. Nous devons insister sur ces points et les valoriser, mais cette exigence doit irriguer toutes nos politiques, être transversale.

Dans d’autres domaines nous pourrions aussi repenser notre politique à l’aune de ces enjeux, pour la préservation de notre environnement pour notre qualité de vie. Cela concerne tout particulièrement l’aménagement du territoire.

Nous y reviendrons en fin de conseil avec des délibérations sur le PLU, je réserverai donc notre commentaire pour tout à l’heure.

Nous devons intégrer les sujets fondamentaux qui vont être la matrice de notre politique de développement pour les années et décennies à venir, et il nous revient d’engager au plus vite une réflexion globale sur l’aménagement du territoire.

Je parle d’une réflexion large, concertée, utilisant les réflexions menées dans nos communes autour de la participation citoyenne.

Le faire le plus vite possible car cela prend du temps. Ce qui implique de pouvoir se donner la possibilité de revoir nos documents prescriptifs et d’articuler nos différents schémas directeurs et plans cadre.

Je parle de la zéro artificialisation des sols, de densité urbaine, de nature, des parcs, des stationnements, de la question de la hauteur en ville, de l’étalement urbain, de certains projets immobiliers, de l’évaluation des besoins de tertiaire et du taux de vacances des bureaux.

Je parle aussi du foncier économique, de l’impact socio-économique et environnemental, de déséquilibres produits par certains gros projets immobiliers, complexes hôtelier ou de loisirs.

Je parle de la stratégie d’attractivité du territoire, du mieux vivre ensemble, du débat sur les infrastructures routières et les nécessaires aménagements piétons et cyclables.

Nous ne pouvons plus attendre sur ces questions, les citoyens nous le réclament et notre vision de l’urbanisme, de l’aménagement de notre territoire nous engage pour des décennies. Un des principaux enjeux de notre mandat est bien de repenser la ville.

Je vous remercie.


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