En Conseil de Métropole le 12 décembre 2025, Glen Dissaux, Président du groupe des écologistes a répondu à la droite enjoignant à clarifier les positionnements sur le projet de stade au Froutven. Glen Dissaux a notamment souligné l’importance du respect des Institutions de la République et de l’État de droit.
« Monsieur le Président, Cher-ère-s Collègues,
Des débats qui ont déjà eu lieu
Non, je ne vais pas refaire le débat sur le fond parce que vous l’avez dit, les positions sont connues, documentées, publiques. On a eu ces débats et on a eu des échanges, Monsieur le Président, il y a peu de temps effectivement.
Après, si quelqu’un à droite veut venir débattre argument concret contre argument concret, il n’y a pas de problème. Qu’il n’hésite pas. Moi je l’accueille avec grand plaisir et qu’on ait cette discussion-là.
Simplement, vous avez rappelé l’importance de respecter cette instance démocratique. Moi, je pense qu’on a vraiment un gros souci.
Le respect de la démocratie et des institutions en question
À un moment donné, est-ce qu’on va vraiment respecter les institutions de la République ? Est-ce qu’on va respecter la justice, les instances démocratiques, y compris celle-ci, la liberté de la presse aussi ? Tout cela fait partie de l’état de droit.
Malheureusement, j’observe qu’il y a quand même une certaine droite qui vire un peu dans le Trumpisme un peu partout.
Mais là stop ! A un moment donné, on respecte tout ça. On respecte les expressions démocratiques. On laisse les journalistes continuer à faire leur travail, à informer, les instances, c’est important.
Lors de cette dernière séance, vous vous rappelez quand même, vous avez eu des propos, vous avez sommé les collègues de répondre à des injonctions, vous avez eu des allusions douteuses sur les uns et les autres. Vous avez remis en cause l’enquête publique, insulté les citoyens en les taxant, c’était quoi ? « Égoïstes, nombrilistes, extrémistes, mensongers ? » À un moment donné, faut mesurer la responsabilité que chacun porte dans ses propos. Franchement, des élu-e-s ne devraient pas dire ça.
La dérogation à l’interdiction de porter atteinte aux espèces protégées : le sujet qui nous intéresse
Un petit point très clair élémentaire de droit administratif. Le 23 juin 2025, on a eu un arrêté préfectoral qui fait l’objet d’un recours, un arrêté préfectoral qui a octroyé une dérogation à l’interdiction de porter atteinte à certaines espèces protégées.
Il ne s’agit plus que de cela en vérité. Moi, je veux bien que vous refassiez le débat 1000 fois sur le stade et que ça arrive maintenant. Très bien. Mais revenons sur l’essentiel. Là, on a une décision de justice en cours.
On a cette dérogation à l’interdiction de porter atteinte aux espèces protégées qui peut être octroyée pour plusieurs raisons. Je vais vous les dire très rapidement. Ça peut être soit pour des raisons écologiques en gros de protection de la faune de la flore, ça peut être dans l’intérêt de la santé, de la sécurité publique. Bon, vous voyez pourquoi ces deux-là, on peut les évacuer assez vite dans le cas d’espèce. Ensuite, cela peut être aussi pour des raisons impératives d’intérêt public majeur sous conditions. C’est tout le débat qu’on a eu sur on a une perception légèrement différenciée de l’intérêt général ou l’intérêt privé de ce projet. Et là, chacun peut se faire une idée.
Deux conditions pour déroger : Si la dérogation ne nuit pas au maintien dans un état de conservation favorable des populations, des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle. Et enfin, S’il n’existe pas d’autres solutions satisfaisantes, qui peut être évaluée par une tierce personne.
C’est ça le cadre légal pour avoir une dérogation « espèces protégées ».
La justice saisie pour étudier la légalité de la procédure au Froutven
Cet arrêté préfectoral a été attaqué.
C’est encore, dans un état de droit, une possibilité sur laquelle on devrait être d’accord, non ?
Et donc le tribunal administratif de Rennes a rendu le 22 octobre 2025 une ordonnance en référé qui suspend cet arrêté, au motif notamment que la raison impérative d’intérêt public majeur n’était pas suffisamment démontrée. Voilà ce qui se passe. Et donc on a renvoyé à un jugement sur le fond pour l’appréciation de la légalité.
Moi je suis désolé, mais il y a rien de nouveau sous le soleil. Pourquoi tout le monde s’excite d’un coup à remettre ce sujet-là ? Peut-être que avant de chercher la polémique, avant de relancer des petits débats stériles pour alimenter les municipales et défendre Mordicus le projet, et bien on peut juste attendre la décision de justice, non ? Sans rajouter de la pression ou d’invective à qui que ce soit. Moi ça me paraît assez élémentaire le respect absolu de l’état de droit. On respecte les décisions de justice et en temps utile, on verra bien. Pas de problème. On reprendra le débat quand la justice se sera prononcée. Je vous remercie. »
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