Loi Duplomb, c’est toujours NON !

Après la signature du traité avec le Mercosur, c’est au Sénat qu’on propose de préférer le commerce à la santé des gens. Samedi 7 février 2026, les élu-es écologistes étaient présent-es à la manifestation contre la proposition de loi Duplomb II. Réintroduire des pesticides dont la dangerosité pour la santé est prouvée ? C’est toujours NON !

Proposition Loi Duplomb II : le retour d’un profond mépris

Réintroduire un pesticide neurotoxique dangereux

Le sénateur LR Laurent Duplomb récidive. Six mois après un rejet massif exprimé par les Françaises et les Français, il propose à nouveau de réintroduire des pesticides dangereux pour la santé et l’environnement. Il réclame l’autorisation d’utiliser l’acétamipride pour certaines filières agricoles : betterave sucrière, noisette et pomme.

Pourtant, de nombreuses études scientifiques alertent sur la dangerosité de cette molécule. L’acétamipride, un insecticide neurotoxique de la famille des néonicotinoïdes, est identifié comme l’un des facteurs majeurs du syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles. Les pollinisateurs sont indispensables à notre système alimentaire, mais on les tue.

De plus, des recherches mettent en évidence les risques de ce pesticide pour la santé humaine : atteintes à la fertilité, perturbations du neurodéveloppement chez les fœtus et les jeunes enfants, effets sur le système nerveux et cancérogénicité. C’est précisément sur la base de ces données scientifiques que son interdiction avait été demandée.

Un déni démocratique

En présentant ce texte, Laurent Duplomb affirme vouloir soutenir les agriculteurs et éviter la disparition de certaines filières agricoles. Mais derrière cet argument se dessine un projet mortifère, qui place les intérêts économiques de quelques filières refusant toute transition au-dessus de la santé publique, des vies humaines et de la protection de l’environnement.

Cette proposition constitue également un mépris clair de l’expression citoyenne. À l’été 2025, plus de 2,1 millions de personnes avaient signé une pétition demandant le retrait de la proposition de loi Duplomb. Scientifiques, médecins, malades, agriculteurs et agricultrices, défenseurs d’une alimentation respectueuse de l’environnement, citoyens et citoyennes : la mobilisation avait été massive et inédite.

La proposition de loi ignore aussi la décision du Conseil Constitutionnel, qui avait censuré la réintroduction de ces pesticides. Quel respect pour le principe constitutionnel de précaution ?

Sacrifier la santé des populations, la biodiversité et l’environnement malgré un tel élan citoyen pose une question simple. De quel côté se situe réellement Monsieur Duplomb ? Quels intérêts servent ces mesures ? Certainement pas l’intérêt général, ni la santé publique, ni le respect des institutions démocratiques.

Un mépris peut en cacher un autre : Le traité du Mercosur

Cette proposition de loi en France, rappelle un mépris subi un mois plus tôt au niveau Européen : le traité avec le MERCOSUR. Le 9 janvier dernier, après vingt-cinq années de négociations diplomatiques, le traité commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur a été signé par une majorité d’États membres. Les écologistes, opposés à cet accord depuis le début des discussions, déplorent profondément cette décision.

Ce traité ouvre en effet la porte à l’importation massive de produits agricoles fabriqués selon des normes environnementales, sanitaires et sociales bien moins exigeantes que celles imposées aux producteurs européens. Une telle situation crée une concurrence déloyale pour nos agriculteurs et agricultrices, fragilise notre souveraineté alimentaire et expose les citoyens à des risques accrus pour leur santé.

Aux côtés des agriculteurs, des associations environnementales, des organisations de consommateurs et des acteurs de la santé publique, les écologistes se sont mobilisés contre cet accord. La France s’est finalement prononcée contre sa ratification.

Au niveau Européen, cet accord représente à la fois une faute politique, écologique et sociale. C’est également un déni démocratique : les États entendent mettre en œuvre le volet commercial du traité sans attendre l’avis du Parlement européen.

Désordre global, solutions locales

Face à ces choix déplorables au national ou à l’international, les collectivités territoriales disposent localement d’un levier concret : la commande publique. Elle peut jouer un rôle décisif pour soutenir une agriculture locale, durable et de qualité, la santé des habitant-es, tout en sécurisant les revenus des producteurs et productrices du territoire.

À Brest et dans la Métropole, le travail engagé depuis de nombreuses années en matière de restauration collective mérite d’être salué. Les cantines scolaires, comme le portage de repas assuré par le CCAS, ont permis d’atteindre des résultats exemplaires.

Aujourd’hui, ces politiques dépassent largement les objectifs fixés par la loi Egalim : 80 % de produits biologiques et 100 % de produits durables, avec une priorité donnée aux circuits courts.

Panier de légumes locaux au Fantastique Pique-Nique organisé lors du mois de l’alimentation durable en 2023 dans le cadre du Projet Alimentaire Territorial

Favoriser une alimentation locale, durable et accessible à toutes et tous est précisément l’objectif du Projet Alimentaire Territorial de Brest Métropole. La création d’une Société Publique Locale de restauration, portée par la ville et la métropole, constitue une étape supplémentaire. Elle doit permettre de structurer et de consolider les filières biologiques locales. Un outil qui sécurisera l’approvisionnement et le revenu des producteurs et productrices locales.

Il est temps de remettre la santé des citoyennes et des citoyens et la préservation de l’environnement au cœur de la question agricole. L’agriculture, les agriculteurs et agricultrices sont absolument essentiels. Mais tout l’enjeu est de nourrir sans abimer le vivant. Car une agriculture qui se construit contre le vivant n’a de toute façon pas d’avenir.